Souvenirs, souvenirs… et la suite ?

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Depuis le temps, j’ai dû vous manquer, non ?

De retour depuis maintenant un mois et demi, après une période de réadaptation, je commence à me remettre sur les rails. Chercher un boulot, envisager de nouveaux projets, faire du tri dans les dernières images produites, … Je tiens d’ailleurs à remercier les quelques-uns qui m’avaient soutenu et à qui je me dois d’offrir un tirage. Les sélections sont en cours, je pense vous poster quelques images ici avec les anecdotes qui suivent.

Je réfléchissais ces derniers jours à une manière de garder des pages actives en continuant à écrire des petits bouts de mots collés à d’autres. J’y prenais du plaisir lorsque j’étais au Sud, et j’imagine que certains d’entre vous aussi sinon j’aurai reçu plus de lettres d’insulte.

Bref, je pense continuer à écrire ici sous d’autres formes. Premièrement, je compte poster des images au fur et à mesure que mes travaux avancent, les premières arriveront sans doute dans la journée. Secundo, continuer à raconter des conneries et laisser à Garito une libre plume pour s’exprimer en toute impunité. Et finalement, diriger les articles vers un nombrilisme moins affirmé, c’est marrant qu’un temps, il faut un réel génie pour faire durer ce genre de choses (Oncle Charles, tu m’apprendras, dis ?) Je voudrais diriger mes articles dans un univers à vous faire découvrir, à travers des photos, des bouquins à prendre ou à laisser, d’autres photographes, des voyages, … Parler de mes passions en espérant en déclencher, ou quelque chose dans le genre. Je réfléchis à ça dans les prochains jours !

Merci en tous cas à tous ceux qui ont suivi ces lignes jusqu’ici, j’espère pouvoir continuer à être lu et même à vous lire prochainement.

Guillaume, Garito et tous les amis imaginaires qui rendent la vie plus rose.

 

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Jour … On recommence à zéro ou quand l’insomnie nous guette

Voilà près de trois semaines sans un post sur ce blog. Je suis revenu de Formiguères au volant et sans me crasher, je me suis enfilé 1056 km de macadam en 13h d’affilée pour rentrer en Belgique, j’ai pris du bide, je regrette le Sud, ma consommation d’alcool hausse comme au temps de mes 16 ans, quand je faisais du reportage dans les cafetards de village, je suis de plus en plus insomniaque et j’utilise beaucoup trop souvent le « je ». Sans volonté d’arrêter. Sans volonté tout court.

Ah qu’elle était belle la vie au soleil. Et l’euphorie du retour aussi, d’ailleurs. J’ai rigolé, ou était-ce Garito, lorsque nous avons passé la tête par la fenêtre en gueulant un franc « Viva Belgìca ! » à la frontière en arrivant à Tournai. Garito… Ce joyeux luron que je me suis inventé quand ma cervelle s’était mise à dérailler pour cause de surmenage. Mais finalement, tout ça ne rime à rien. On me demande souvent depuis que je suis revenu si je ne suis pas déçu. Bien sûr que si, quelle question. Enfin non, ce n’est pas de la déception, juste peut-être l’impression de ne plus être à ma place, de l’avoir perdue. Ou simplement de me sentir comme un lion en cage dans ce plat pays où on ne voit pas les montagnes de sa fenêtre, l’horizon se limitant au village suivant, les villages étant tous si près les uns des autres…

Aujourd’hui, cette nuit plutôt, la dernière de 2013, ma dernière insomnie de cette année, je voulais juste parler de ce qui m’anime depuis mes 13 ans, l’Image. Oui, oui, avec la majuscule, c’est pas marrant sinon. En fait, ce n’est pas de l’Image (de la photo dans mon cas) qu’il s’agit ici, ce serait plutôt à propos de cette branlette perpétuelle que mon cerveau s’obstine à s’infliger, tant de coups à blanc qui l’ont fait dégringoler bien bas.

J’ai commencé la photo avec l’œil curieux de tout et n’importe quoi, le genre de gamin qui se plantait avec son appareil devant un banc et qui y trouvait une esthétique qu’aucun des passants qui me dévisageaient ne devait comprendre. Le pied intégral, quand j’y repense, un univers infini, offrant toujours de nouvelles possibilités. Et puis, petit à petit, je me suis concentré sur un style, des sujets, des ambiances, … des limites. Pour finir comme je le suis aujourd’hui, cette nuit, à ne plus trouver le moindre de mes négatifs intéressant, car vu et revu par d’autres. Et mes cellules cérébrales commencent alors à s’astiquer, refusant d’appuyer sur un déclencheur si ce n’est pas pour se lancer sur un projet concret, quelque chose que je ne connaisse pas encore, qui puisse m’étonne quand mes négatifs sortent de ma cuve, qui puisse me faire sourire quand l’image apparait dans le révélateur.

Dans un sens, ce n’est pas tant se faire du mal, c’est juste vouloir le mieux du meilleur ou rien, et puis dans un autre, c’est ce qui me bloque depuis deux ans maintenant, ce qui fait qu’en quatre mois, j’ai du exposer 15 films, dont 13 le premier mois, lors des vendanges. C’est une raison pour se lever le matin, ou une excuse pour rester au lit. Ce qui est certain, c’est que c’est la principale cause de mes insomnies.

Autre dilemme : lorsqu’une passion se transforme en un essorage de neurones quotidien, est-ce toujours une passion ? Peut-être que c’est la preuve qu’il y a une recherche absolue derrière, comme un devoir envers soi, peut-être juste que c’est le moment de passer à autre chose. J’avais préparé de belles phrases dans ma tête, mais d’un coup, je viens de perdre l’envie d’épiloguer.

Sur ce, il doit bien rester une bière au frigo,

Guillaume.

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Jour 62 à 67 : euh, on peut encore un peu différer le retour, hein ?

Noble Belgique, tu m’attendras encore un peu. Ou l’inverse, à toi de voir, chérie.

Finalement, ces derniers jours changent un peu mes plans. La Berthe est belle et bien réparée (t’as compris le jeu de mot, t’as compris ??!) Après son petit passage à la case redressement de la direction, il me reste encore à jouer à rachetons-des-jantes-pour-remettre-ton-ancien-pneu et à commandons-des-phares-à-60-balles-la-pièce-parce-que-le-support-de-fixation-ne-se-vend-pas-séparément. Les dernières réparations faites (les pièces arrivent mercredi), je ne remonterai pas directement. J’en reviens à dégoûter mes compatriotes. Il fait gris et humide ? Le ciel est si bas qu’il faut lui pardonner ? Je vous rassure, ici, le ciel est bleu, la température douce à mon sens de Belge (12°c en journée, c’est pas si mal) et le temps propice à aller marcher. Aujourd’hui, une petite rando tranquille, demain, la même mais on fait un BBQ sur une crête et je reste en solo pour faire un petit bivouac tranquillou en contrebas.

La semaine prochaine, Berthe devrait reprendre tout le poil de sa bête, avec un petit coup de calandre de traviole et une aile un peu forcée au pied de biche, mais d’aplomb quand même pour se retaper la même route des cols, la même que celle qui l’a vu presque périr il y a une paire de mois. Et oui, retour à Formiguères, où un copain m’a proposé d’aller faire une bonne petite marche, sur deux, trois ou quatre jours, à voir, avec passage à la source chaude dans un coin qu’il connaît. Elle est pas belle la vie ?

Retour prévu pour le lundi 16 décembre, avec un bon anniversaire au frangin. Bon, c’est le 15, et alors ? Tiens, je ne vous ai jamais parlé de lui. Ceux qui ne me connaissent pas personnellement ne savent pas grand chose de moi, en soi. Allez, pour l’introduction, j’ai deux parents, pas durs à discerner dans les commentaires des articles, une soeur (Lil’ de Noé dans les commentaires, mais Lila de son vrai nom), une des rares personnes (pas la seule, Arthur, t’inquiète) dont je me sente vraiment proche et un grand frère, Thibault, le roi du long cours à côté de ma tentative foireuse pour rallier le Sénégal. Le gars a pris la route exactement au même âge que moi, 19 ans et 3 semaines, et il est parti en Argentine il y a trois ans, en avion. Et n’est pas encore revenu. Crapahutant en Amérique du Sud depuis, à ma connaissance avec l’Equateur comme point le plus éloigné de son arrivée, il force mon admiration de par sa détermination et son amour pour la vie au quotidien, pour le peu que j’aie pu l’entendre depuis son départ. Les psys y trouveront sans doute une influence, pas faux dans un sens… Un chouette bonhomme, il me manque le frangin.

J’en étais donc à vous dire que je risque de rester encore un peu, et d’en profiter pour marcher (c’est fou comme 12 km passent vite si on a que 3 kg sur le dos) et réparer ma Berthe aux grands pieds. Pas de panique la famille, je serai là pour les fêtes, avec pas un balle pour vous faire de beaux cadeaux, mais je vous aime, c’est le principal, non ?

Je compte surtout mettre à profit ces prochains jours pour lancer un premier itinéraire de marche, sans doute en Ecosse, et au courant du mois de janvier, de quoi vous écrire à nouveau et vous faire part d’appréciations diverses et variées, du paysage plus beau que chez vous et de l’absence de tapas à Inverness. Mais surtout vous présenter en avant première (je flatte votre ego, mais ce ne sera pas réellement de l’avant première en fait) mon prochain sujet de travail photo, avec quelques photos (les premières du blog) à la clé.

Sur ce, dormez bien mes alexandrins, il est tard, je vais penser à aller dormir. Hermanito, si je ne t’ai pas au bout du Skype ou par mail d’ici le 15, bon anniversaire mon grand, 22 ans ça se fête même si ce n’est pas un âge important, et pas tout seul, j’espère au moins qu’on se verra avant tes 30 ans. Et oui, je suis sûr que tu lis ces lignes de temps à autre, qui d’autre que toi me lirait en Bolivie ?

Guillaume.

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La fable du coq et du lion

Mes copains, ce blog n’avait pas la vocation d’un canard politique, et ça n’a pas changé. Mais aujourd’hui, plus qu’un autre jour, vous voulais parler à vous Belges, lecteurs de ces pensées, mais aussi aux autres, que vous veniez de France, du Sénégal, du Canada, de Suisse, des Etats-Unis, de Bolivie, du Maroc, d’Espagne, du Royaume-Uni, de Grèce, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Mauritanie, de Singapour, de Martinique, d’Algérie ou du Nigéria. Oui, je me suis basé sur les statistiques du site pour citer ces pays, je m’en étonne moi-même et me demande qui m’a lu en Grèce, où je n’ai pas le moindre contact. Merci de répondre à cette question, à l’occasion. Bref, je voulais vous conter une vieille fable. Enfin, pas si vieille, elle n’a que 183 ans. Cette fable est celle du coq et du lion. Pour vous la conter, je m’accompagne de Ginette, bière bio brassée à Binche. Je suis sûr que sa présence excusera certaines de mes divagations.

En 1830 est né un petit pays, la Belgique, België, Belgien. Enfin, pas si petit que ça. Bien qu’à peine perceptible sur une carte du monde, on peut quand même le classer 97ème sur 237 pays, si on fait un classement décroissant de la superficie de tous les pays au monde. Mais saviez-vous que si on faisait une autoroute pour traverser la Gambie, il ne faudrait qu’une demi-heure pour traverser ce petit pays au coeur du Sénégal ? Et saviez-vous qu’en Irlande, on ne peut pas se trouver à plus de 100 kilomètres de la mer, à aucun endroit du pays ? La Belgique n’est pas si petite que ça, quand on y pense. Cette histoire commence donc avec une révolution, comme souvent commencent les histoires des nations (quel beau mot, n’est-ce pas ?) 1830, les futurs Belgiens, pas contents, mettent à bas Guillaume Ier, mon homologue, pour créer une nouvelle royauté. C’est un gros raccourci historique, mais c’est à peu près ça. Arrive un joli roi tout neuf, anglo-saxon pourquoi pas, j’ai nommé monsieur Léopold Ier. J’invite tout le monde à aller reluquer la statue à son effigie qui sied à La Panne, qui est le premier pan de Belgique que ce futur roi a vu en débarquant d’Angleterre, après un long voyage depuis Calais. Long pour l’époque, entendons-nous bien. Depuis, six rois ont succédé à ce premier. Léopold II, Albert Ier, Léopold III, Baudouin, Albert II et enfin notre tout récent et fraîchement acquis Philippe. Et cette bande de lascars, après 183 années de règne cumulées à eux sept n’ont toujours pas réussi à résoudre le plus ridicule des problèmes qui soit, celui qui nous a valu de passer 541 jours « sans gouvernement », comme diront les médias pour simplifier. Une crise politique basée un séparatisme entre Nord et Sud, Flamands et Wallons, Lion et Coq. Et au milieu restent les poulets pour caqueter.

Je suis perplexe. Je suis relativement patriotique, relativement car je connais mieux la Marseillaise que la Brabançonne (la faute à Gainsbourg). Je reste fier de venir du Plat Pays, je dis septante et nonante quand je suis en France, mais je me demande encore pourquoi. Je me demande pourquoi je serai fier de venir d’un pays qui a battu les records mondiaux en terme de crise politique au point de se faire surveiller par Washington alors qu’il est l’un des fondateurs de l’Union Européenne. Aucun rapport avec la choucroute, je sais. Et oui, pendant tout un temps, les discussions avec les copains venus d’au-delà des autres frontières ne tournaient qu’autour de cela : « Et comment ça va, sans gouvernement ? » Il y a encore quelques semaines en Espagne, on m’en a parlé. L’année d’avant, en Ecosse, on m’a demandé si on s’était enfin décidé à se séparer. Comme si notre pays souffrait d’un long divorce qui ne voudrait pas trouver de point d’entente.

Et pourtant nous en sommes là, à avoir une hymne nationale aussi ridicule que la situation. L’union fait la force. À d’autres, tu veux ? Quand je vois que les fonctionnaires flamands à La Panne, commune où j’ai habité un an, refusaient se me parler Français, parce que : « Hier, bent u in Vlanderen, meneer, moet u spreken Vlaamse. » Ou encore que le Néerlandais passe comme langue tertiaire en Wallonie : « parce que de toute façon, ils parlent tous Français. » J’ai envie de me pisser dessus, de rire ou de peur, de ridicule ou de désespoir, va savoir, mais de voir que des personnes au sein d’un même pays, d’une même origine, issus d’une même révolution, ne sachent même pas s’entendre entre eux à cause d’une putain de querelle linguistique, il y a de quoi se pisser dessus, quelle qu’en soit la raison.

Et oui, tout cela ne naît que d’images toutes faites et de querelle linguistique. Le Wallon est paresseux et le Flamand est radin. Et oui, j’ai vu des cheminots wallons passer leur journée au café et des clients flamands laisser 20 centimes de pourboire sur des additions de 500€. Mais emmerdons les préceptes si vous voulez bien et attardons-nous sur le fond. Car le bon fond n’est pas fait de reproches, il est fait de personnes libres de faire des choix et de vivre dans une royauté stable, c’est tout ce qu’on demande au final, non ?

Epiloguer sur le pour et contre politique, économique et social entre Nord et Sud (on oublie toujours ces 20 000 germanophones à l’Est), ça ne sert à rien. Jacques Brel en parlait déjà en son temps, il a dû expirer une dernière fois sans voir son pays se réconcilier. Sans le voir tout court, d’ailleurs. Alors si pour les 856 lecteurs belges de ce blog ce pays a un sens… arrêtez les frais à petite échelle ! Rien ne sert d’en dire plus, je sais que vous m’aurez compris. Pour les autres, ces paroles auront autant de sens qu’un poème de Breton, mais inspirez-vous en. Parce que dans l’état actuel de la terre qui m’a vu naître et téter, j’ai envie de rester où je suis.

La fable du coq et du lion n’est pas finie, à vous de voir si vous serez fiers la morale ou si elle vous laissera un goût amer en bouche.

Les compliments du gamin, il m’a aidé sur ce coup-là,

Garito.

 

PS : la petite cuite créative passée, je me relis en cette belle matinée. Ça doit être le film d’hier, Hasta La Vista, qui m’a lancé. Diantre, je me sens fichtrement patriotique d’un coup ! Juste pour le fun, je vous le laisse.

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Jour 55 à 61 : retour en France

Bonsoir et joyeux Noël !

Me voilà de retour en France, depuis mercredi déjà ! Les choses ont pas mal bougé pour moi depuis, voici le petit résumé.

J’ai pris un bus mardi à Granada, Espagne, en direction de Carcassonne. Deux changements et une vingtaine d’heures après avoir embarqué, me voilà devant une gare SNCF où les gens ont l’accent si chaleureux. Une nuit blanche, un contrôle de CRS à la frontière pour enfin revenir dans cette terre d’accueil dont je tombe petit à petit amoureux. Un train, Limoux, du stop, une habitante de Roquetaillade (merci Chantal !) me reconnait sur le bord de la route et s’arrête pour me remonter et me revoilà de nouveau chez Jean-Claude et Anne.

Depuis, on a un peu travaillé à remettre Berthe en état, niveau carrosserie en tous cas. Le mécano qui devrait s’occuper d’elle doit nous rappeler début de semaine. Mécaniquement parlant, il n’y a que sa direction qui morflé, mais une biellette de direction trouvée à la casse devrait nous arranger tout ça. Après, elle a la gueule de traviole, le sourire qui pend vers la gauche, mais c’est une grande, la Berthe, son petit rictus me rappelle qu’elle n’a pas encore tout à fait encaissé le fait que je l’ai laissée au bord de la route pour continuer à pied. « T’as vu, connard, sans moi tu vas pas bien loin, hein ?! » « Je sais, ma chérie, oh ma Lou, oh Marilou, je t’abandonnerai plus, promis. » Promesses faites, je sens que la bonne femme se laissera de nouveau monter. Non, pas de mécaphilie dans l’histoire, notre relation reste bien platonique mais passionnée pour le peu de moments partagés ensemble entre route et parapet.

Les prochains jours devraient me voir reprendre la route du Nord, ce qui ne m’enchante pas pour tout vous dire. Lecteurs belges, vous qui êtes les plus nombreux, ne le prenez pas mal, mais je ne veux plus de ce pays où on prend une vieille querelle linguistique comme raison suffisante pour prôner un séparatisme sectaire autant au Nord qu’au Sud, je ne veux plus de ce froid mordant qui vous prend les burnes été comme hiver, de cet accueil aussi approximatif que la météo, ce pays qui m’a vu naître, je ne le cautionne plus. Quoi que ses boissons fermentées me manquent… Alors j’ai décidé de passer l’hiver entre là au autre part, entre Nord et Sud, entre Suède et Andalousie, la Belgique comme terre plate, stable et son foyer familial. Du reste, je ne crois plus y rester plus de quelques années. Certains projets se sont réveillés après trois ans de somnolence forcée. Je vais m’efforcer de leur donner quelque voix nouvelle. Plus d’infos dans les prochains jours, une fois revenu dans les environs de Bruxelles.

En attendant, pour ceux qui commencent à abandonner la lecture de ces papiers devenus casaniers et sans grand intérêt, je vous propose une autre forme de carnet de voyage, qui continuera au moins cette année et en 2014 à bord de cette même adresse web. Quelques précisions dans les prochains jours, mais il est fort probable que le projet que je compte reprendre me mène de nouveau jusqu’en Andalousie, en Ecosse et chez les blonds aux yeux bleus de Suède et de Norvège. À la relecture, je me rends compte que je radote. Le moment est venu pour moi d’aller descendre une petite Sambucca pour me remettre de toutes ces émotions aussi mitigées que la propreté des verres dans les cafés de village que j’affectionne tant.

À dans bientôt les enfants !

Guillaume.

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Le lobby de la bière, ou comment l’Espagne fait courir la Terre à sa perte

Qu’est-ce que ce pays magnifique où à chaque fois qu’on commande une bière, on reçoit des tapas compris dans les deux malheureux euros qu’elle nous coûte ? Il y a un complot derrière, comme je l’ai compris à force de siroter ce breuvage fermenté.

Fermez les yeux et imaginez la suite, qui est parfaitement réaliste.

L’industrie alimentaire graisse la patte à l’Etat espagnol pour qu’il offre des subventions aux pubs et autres cafés afin que ces derniers servent des tapas avec chaque consommation. Tout le monde y trouve son compte. D’abord l’industrie alimentaire qui s’en fout plein les fouilles. Mais ce n’est pas tout. On n’est pas aussi vite dans un état d’hébriété acceptable lorsqu’on a le ventre plein. En tous cas, on n’est pas aussi rapidement bourré qu’à jeun. Ce qui arrange l’Etat et ses diverses institutions qui doivent ainsi moins souvent déplacer leur policiers avinés pour de pauvres ivrognes perturbateurs ou autres jeunes saoûlards du dimanche décidés à opérer un viol collectif sur la personne d’une jeune espagnole de 14 ans à l’allure provocante. C’est l’aire du temps, les amis, faut vous y faire. À partir de 10 ans, voire avant, on calcule la valeur d’une fille à la taille de sa jupe, les échelles étant inversémment proportionnées, c’est évident. Et pour finir, les cafetiers vendent plus d’alcool que si tous leurs habitués étaient à jeun. Mais ça ne s’arrête pas là !

Offrant ces fameux tapas divers et variés (j’ai eu une petite brochette de poulet avec la première bière et une part de tarte de pomme de terre au fromage avec la seconde), les clients se sentent obligés de manger. Et grossissent ! L’homme d’un âge retraité (ou l’homme retraité d’un certain âge) assis à côté de moi me le confirme de sa petite tête montée sur bide engloutissant whisky-soda et tapas. Les générations de surchargés pondéraux que l’on créé entre ces quatre murs boivent plus mais s’attardent plus également. Leur poids devenant petit à petit exagéré, ils ne peuvent que limiter leurs mouvements au strict minimum. Ainsi, une fois assis devant le pauvre zinc marbré, l’effort parait insurmontable. L’effort… celui de sortir, faire queque chose d’autre que picoler et bâfrer, lire, rencontrer, baiser, marcher, courir, … Quoi que baiser, l’alcool y aide, mais nous y reviendrons. Ils restent donc devant ces bars, à enfler et consommer.

Passant leur vie dans des pubs, les Espagnols perdent ainsi leur emploi, mais il leur reste le chômage. Vingt euros par jour suffisent à boire et manger des tapas. On vient de me servir un toast avec du jambon grillé et un oeuf au plat par dessus. Gratuit avec ma bière ! Il y a même de la salade ! Les Espagnols ainsi accoudés poussent leur gouvernement à leur verser du chômage mais aussi à subventionner le peu d’entreprises existant encore sur le territoire pour qu’elles ne se délocalisent pas mais également qu’elles remplacent leurs anciens employés par des machines moins grosses et moins gourmandes. Les subventions augmentent alors la dette de l’Etat et finissent par plonger le pays dans la crise que nous connaissons. Mais ce n’est pas fini !

L’Espagne est bien connue comme étant un lieu hautement touristique. Non seulement pour les quidams comme vous et moi mais aussi pour les riches entrepreneurs comme certains restaurateurs, cafetiers et autres tenanciers de pub du monde entier. Voyant que ce qu’ils appelleront « la technicá del tapas » fonctionne mais aussi attire des clients, ils l’adopteront. Bientôt, en Belgique, en Suède, au Canada mais aussi en Chine et en Australie, on sert des tapas avec toute bière commandée. La bière devient alors la boisson la plus consommée au monde devant l’eau. Mais la population mondiale devient également obèse à cause de tous ces tapas qui lui sont offerts.

Ce qui se passe avant tout n’étonne personne : les lobbys de la bière et de l’alimentation prennent une amplitude surdimensionnée qui les mets en avant sur la scène sociale et politique. Ils commencent par graisser la patte aux présidents et rois, puis aux ministres et même aux maires ou bourgmestres du monde entier. Arrive alors un moment où cela ne suffit plus. S’engageant eux-mêmes dans la politiquem les lobbys de la bière et de l’alimentation se mettent à obtenir des voix, de plus en plus de voix, promettant monts de tapas et réduction du prix de la bière. Rapidement élus à l’unanimité dans la plupart des pays du monde, les lobbys rachètent de grandes entreprises de graines telles que Monsanto ou Pionner et développent de nouvelles variétés de houblon et de malt capables de pousser et d’arriver à maturité en seulement quelques heures. Ces plants assèchent rapidement les ressources de la Terre pendant que la population, arrivée à 11 milliards en 2028, continue de grossir à vue d’oeil.

On vient de me servir du poisson pané sur un toast avec ma quatrième bière. La surface de la Terre ainsi que ses ressources commencent à être limitées à cause de cette surpopulation due à la fermentation de céréales. En effet, l’alcool donne lieu à des fornications exagérées et inconsidérées à travers les pays du monde entier. Les nouveaux-nés qui en découlent tarissent les matières vitales de la planète orange. Il y a de la confiture de myrtilles sur mon poisson pané. Se mettant d’accord entre elles, les différentes puissances gouvernant le monde envoient des sondes sur Mars pour lancer des cultures de céréales et acquérir ainsi de nouveaux terrains à exploiter, de nouvelles ressources. Un nouvel apport de matières premières descend ainsi sur Terre tandis que la population continue à enfler et grossir à vue d’oeil.

Peu à peu, la masse de notre planète augmente à son tour et se rapproche alors sensiblement du soleil. Les lobbys ont vu gros, mais comme Icare, ils se brûlent les ailes. Ainsi, à cause des tapas espagnols servis avec la moindre consommation, et aux matières nouvelles importées d’une autre planète, la Terre se rapprocha du soleil au point de calciner. Nos graisses et autres fluides corporels diffusés partiellement dans l’espace, cette même graisse émanant de nos bedaines carbonisées est alors récoltée et analysée par de grandes puissances extra-galactiques en voyage dans notre secteur. Après avoir découvert le contenu de ces fluides, l’envie de se lancer dans une technique commerciale similaire leur est passée par la tête, les dirigeant ainsi vers un destin, une condamnation, celle-là même que nous avons connue. Les galaxies environnantes finiront toutes par suivre ce chemin de croix alimentaire, scellant un destin voué à sa perte.

Ou alors, le peuple espagnol est simplement sympathique et accueillant et m’évite de devoir chercher un kebab lorsque j’ai trop picolé. A voir…

Bisous plein de houblon de Sierra Nevada,

Garito.

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La chanson de Garito

À la demande du petit, je vous ai composé une petite chanson. Malheureusement, je ne dispose pas de dictaphone pour vous faire entendre ma douce et merveilleuse voix chanter ces verres mélodieux dignes d’un génie. Vous devrez vous contenter du texte.

 

Lorsque les angoisses ont disparu

Et que l’esprit est décapé à nu,

Qu’on se sent prêt à partir ailleurs

Vers cet horizon qui nous faisait peur,

On se rend compte, malheureusement,

Que les montagnes, tête de merlan,

Demandent des jambes qui vous portent

Et rient de vos pattes de cloporte.

Qu’à cela n’tienne, répondez-vous,

Les montagnes patienteront un an

Le temps pour moi d’boire quelques coups

De m’faire des muscles en supplément.

Course à pied et kayak de mer,

Faudra faire gaffe à n’pas chavirer.

Tu le sais bien, chaque effort, mon cher,

Est bien meilleur suivi par un verre.

J’ai remarqué que quand ça n’va pas,

Il me sied de m’faire une grappa.

Si j’ai l’moral dans les baskets,

J’sais qu’j’irai mieux une fois pompette.

Quand le monde s’envole, que tout dégringole,

Dieu merci, il nous reste la picole.

 

Sinon, la bière locale c’est l’Alhambra, pas trop mauvaise, suffit d’en boire 3 ou 4 cul sec et les autres suivent sans problème.

Bonjour à la marquise,

Garito.

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